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La méridienne

Le blog de Mona Chollet

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27 janvier 2019

Une femme apparaît

À propos de « The Marvelous Mrs. Maisel »

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[Avertissement : ce qui suit est un festival de spoilers. Je ne voudrais pas apporter de l’eau au moulin de ceux qui tentent de me faire une réputation (totalement infondée) de spoileuse impénitente, alors lisez ce billet SEULEMENT si vous avez déjà vu les deux saisons de la série ou si vous êtes sûr-e de ne jamais la regarder — ou alors si vous faites partie de ces rares personnes à l’esprit large qui ne font pas toute une histoire quand on spoile.]

Mais quelle merveille !

Impatience de rentrer à la maison pour regarder la suite, comptage et recomptage fébrile des épisodes restants avec dilemme métaphysique entre la tentation de se goinfrer et le désir de thésauriser, harcèlement méthodique de l’entourage pour qu’il regarde aussi puis, lorsqu’il cède, jalousie torturante envers celleux qui ont la chance d’en être encore au début, quête désespérée de la date de diffusion de la prochaine saison... Il y avait longtemps que je n’avais plus ressenti aussi fortement les symptômes de l’addiction à une série.

À la fin des années 1950, une jeune bourgeoise juive new-yorkaise, Miriam « Midge » Maisel, se découvre une vocation pour le stand-up quand son mari la quitte pour sa secrétaire. Brillamment écrite et interprétée, The Marvelous Mrs. Maisel est délectable sur un nombre incalculable de plans. Par sa drôlerie, d’abord, avec sa multiplication d’effets visuels comiques et ses salves de répliques hilarantes. Par l’abattage et le jeu tout en nuances de la géniale Rachel Brosnahan, ensuite (deux Golden Globes, en 2018 et 2019), et par sa reconstitution grisante du New York de cette époque, des beaux quartiers aux clubs enfumés de Greenwich Village. Elle rappelle un peu Downton Abbey, pour l’aspect fresque familiale, et pour le plaisir qu’on prend à évoluer à travers elle dans des intérieurs cossus, chauds et rassurants — ici, un immeuble de l’Upper West Side avec portier et liftier plutôt qu’un château anglais, et une famille nettement plus névrosée que les Crawley, mais malgré tout bizarrement attachante. Elle rappelle aussi The Good Wife, en ce qu’elle montre l’émancipation et la métamorphose d’une femme de la haute société auparavant au service de son mari ; et Mad Men, évidemment, pour sa manière de dépeindre le sexisme outrancier et décomplexé de l’Amérique des années 1950, en suggérant moins la rupture que la continuité avec ce début de XXIe siècle. Comme dit Titiou Lecoq, The Marvelous Mrs. Maisel, c’est l’anti-Servante écarlate : une série féministe, mais aussi joyeuse, solaire et légère que La Servante écarlate est sinistre, sadique et violente.

« Ça ne me dérange pas
d’être seule.
Ce que je ne veux pas,
c’est être insignifiante »

On y suit le parcours d’une femme qui commence à éclore au moment précis où elle croit que sa vie s’écroule (« My life is falling apart », répète Midge dans les premiers épisodes). Son entourage s’apitoie sur son sort et s’accorde à la considérer comme finie ; son beau-père lui imagine une vie désormais faite d’après-midi puzzles et d’œuvres de bienfaisance, et ses parents lui intiment l’ordre de reconquérir l’infidèle (« Tu es une enfant, tu ne peux pas survivre à ça. Tu as besoin d’un mari ! », lui assène son père). Mais, malgré la douleur d’avoir perdu son amour, elle dont la vie tout entière tournait autour de son Joel se découvre soudain un centre de gravité en elle-même ; un talent unique, une passion, et le désir irrépressible de les faire fructifier. Au début, on la voit hésiter, ballottée entre l’excitation folle de cette révélation et les moments de découragement, quand le stand-up lui semble un rêve inconsistant, une chimère, et que, redevenant brièvement le pur produit de son milieu, elle voit s’ouvrir devant elle un avenir lugubre de femme divorcée à qui le boucher refilera désormais les moins bons morceaux.

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L’accoucheuse de cette renaissance tâtonnante, c’est Susie Myerson (Alex Borstein, fantastique elle aussi), la tenancière du Gaslight, le club où Midge fait ses débuts. Sans elle, il ne viendrait même pas à l’idée de la jeune femme qu’elle peut faire du stand-up. Leur amitié est la grande réussite de la série. Impossible de faire plus différentes que ces deux-là, la fille à papa ultraféminine et la dure à cuire d’extraction populaire, petite et trapue, toujours vêtue d’un blouson et le visage à moitié dissimulé sous une casquette, que tout le monde prend pour un homme. La confrontation de leurs univers respectifs est une source de comique inépuisable. Mais, si elles n’ont pas le même accent, elles ont la même gouaille. Elles lancent des jurons avec la même énergie, et elles rient aux larmes exactement des mêmes choses — leurs scènes de fous rires partagés sont irrésistibles. Susie est aussi lucide que Midge est naïve, et elle voit clair en elle dès le début. Elle pose d’abord un regard blasé et navré sur l’épouse dévouée ; puis elle décèle son fabuleux potentiel scénique, et elle la persuade de tenter sa chance. « Je sais que je vais probablement passer ma vie entière seule, mais ce n’est pas grave. Ça ne me dérange pas d’être seule. Ce que je ne veux pas, c’est être insignifiante. Pas toi ? Est-ce que tu ne veux pas faire quelque chose que personne d’autre ne fait ? », lui demande-t-elle avec ferveur au cours de leur première conversation.

Le conditionnement qu’elle a subi, et auquel Susie a échappé, Midge va peu à peu s’en défaire grâce à la scène. Le stand-up devient son espace de liberté, de rébellion, son défouloir. L’humour lui permet de faire passer des interrogations et des constats très audacieux pour son époque, et même pour la nôtre. Ainsi, lors d’une de ses premières prestations, au moment où elle prend le micro, elle vient de réaliser qu’elle n’avait aucune photo de ses enfants sur elle. Après en avoir fait part au public, et avoir conspué, sous les rires et les sifflets, la bible éducative qu’une amie lui a conseillée et qu’elle trimballe dans son sac, elle lance : « Si mes enfants se faisaient kidnapper et que je devais les décrire, je dirais : “Je ne sais pas, ce sont des enfants... L’un a une tête, et l’autre a une... tête ?” (...) Et maintenant, je me demande : et si je n’étais pas faite pour être mère ? Et si je m’étais trompée de voie ? Après tout, quand on a peur du sang, on ne devient pas chirurgien. Quand on a peur de l’avion, on ne travaille pas pour Pan Am. (...) Les femmes sont censées devenir mères, n’est-ce pas ? Ça vient avec les seins, on est prééquipées ! Mais y a-t-il des exceptions ? Et si certaines étaient faites pour voyager beaucoup ? Ou pour tenir un diner ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre à la campagne, en portant une salopette ? Et si certaines étaient censées ne parler qu’à des adultes toute leur vie ? » Dans la saison 2, toutefois, elle s’aperçoit avec inquiétude que la transgression qu’elle s’autorise sur scène contamine le reste de sa vie de façon incontrôlée, l’amenant par exemple à ruiner la fête de mariage de son amie Mary.

Une dénonciation ambiguë
de l’obsession de la beauté

Midge adore le maquillage et la mode, elle maîtrise parfaitement les codes de la féminité, et la série décline avec une grande justesse les implications de ce trait de sa personnalité. Il lui vient de sa mère, Rose Weissman, qui forme avec son père, Abe, un couple hypertraditionnel. Éternellement vêtu des mêmes costumes en tweed, Abe incarne la rationalité (il enseigne les mathématiques à l’université de Columbia), et Rose l’irrationalité (elle rend visite à sa voyante en cachette, car son mari le lui a interdit). Elle a appris à sa fille à exercer une surveillance démente sur son corps — tous les jours, depuis ses 16 ans, Midge prend ses mesures et les note dans un cahier — et elle réfléchit déjà à la chirurgie du nez dont aura besoin sa petite-fille, qui est encore un bébé. La série offre une satire savoureuse de cette obsession, par exemple quand, en pleine nuit, la jeune femme déboule dans l’appartement parental en chemise de nuit, bouleversée parce que son mari vient de la quitter, et que sa mère lui lance : « Mais enfin, Miriam, que portes-tu ? Cela ne te mincit pas ! » Ou quand Rose tombe d’accord avec sa voyante pour estimer qu’il ne faut pas envoyer sa fille en France, car Paris serait « plein de dangers » pour elle : « Trop de pain. »

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Cependant, il faut reconnaître honnêtement qu’ici la série s’arrange pour gagner sur tous les tableaux. Elle dénonce la tyrannie esthétique exercée sur Midge, mais, en attendant, cette tyrannie lui permet aussi de présenter une héroïne mince et apprêtée, et de donner ainsi au public ce à quoi il est habitué. Derrière les normes maternelles auxquelles doit se plier Miriam Maisel, il y a les contraintes de l’industrie du showbiz, auxquelles doivent se plier Rachel Brosnahan et toutes les actrices. (On notera que Susie, dans les séquences où elle apparaît jambes nues, révèle des mollets parfaitement glabres, alors qu’on voit mal ce personnage s’épiler. Même le souci de la vraisemblance la plus élémentaire ne peut avoir raison du tabou de la pilosité féminine.) Le traitement par l’humour a aussi pour effet de rendre ce harcèlement maternel amusant, anodin ; or il paraît miraculeux, pour ne pas dire invraisemblable, qu’il n’ait pas causé davantage de dégâts chez Midge.

Rose Weissman,
incarnation de
la « mystique féminine »
des années 1950

Rose considère que la valeur d’une femme tient tout entière dans son physique parce que le seul destin qu’elle conçoit pour sa fille est celui d’épouse. Toute l’éducation qu’elle lui a donnée visait à la préparer au mariage. Midge raconte à Susie que, quand elle était enfant, sa mère la réveillait quand elle ronflait la nuit, afin qu’elle apprenne à dormir sans faire de bruit, par égard pour son futur mari. Elle lui a aussi appris à ne jamais se montrer à son époux sans maquillage. Rose — qui, bien sûr, est femme au foyer — incarne parfaitement cette « mystique féminine » qui avait cours aux États-Unis à cette époque, et qui, en 1963, donnera son titre au livre-phénomène de Betty Friedan [1]. La déroute du patriarche Abe, à laquelle on assiste dans la saison 2, semble d’ailleurs annoncer les bouleversements de la décennie suivante.

Toutefois, dans le souci de l’apparence que manifeste Midge, il n’y a pas que de l’aliénation. Il y a aussi une part de plaisir, presque d’éthique — « Je m’habille bien pour les rendez-vous importants », explique-t-elle quand elle débarque en tenue d’apparat chez l’avocat sans le sou qui va la défendre dans son procès pour obscénité et exhibitionnisme. Lorsqu’elle trouve un emploi de vendeuse chez B. Altman, un grand magasin chic, elle est éblouie, comme toutes ses collègues, par le comptoir du maquillage auquel elle est assignée, et où son expertise fait merveille. Ce royaume féminin est aussi son seul terrain de complicité avec sa mère. Quand Rose boude parce qu’elle est révulsée à l’idée que sa fille travaille, Midge essaie de l’amadouer en lui rapportant un rouge à lèvres, ou en lui parlant des nouvelles collections qu’elle a vu déballer au rayon confection.

Elle considère implicitement qu’elle a le droit à la fois d’aimer se faire belle et de vouloir être reconnue pour son talent et son intelligence ; elle ne voit pas pourquoi l’un empêcherait l’autre. Mais elle découvre avec surprise et colère que, pour nombre d’hommes, il y a incompatibilité. Au détour d’une conversation à la table familiale au sujet de la candidature de John F. Kennedy à la présidence, son père proclame d’un ton définitif que le jeune sénateur est trop bel homme, et que, pour être compétent, il faut être laid. (Quand Midge s’insurge, Rose lui reproche en aparté : « Pourquoi tu énerves ton père ? Laisse-le avoir raison ! »)

Une apparence sophistiquée et sexy
que les hommes interprètent
comme un signe de subordination

De même, lorsqu’elle fait ses premiers pas dans le stand-up, la plupart des hommes qu’elle croise la considèrent comme une créature appétissante et décorative, forcément écervelée. Il y a malentendu : ils interprètent son apparence sophistiquée et sexy comme un signe de subordination. Ses confrères ne peuvent pas l’envisager comme une personne, comme une égale. Quand un artiste la voit prendre des notes durant son sketch, il présume qu’un de ses concurrents a envoyé une sténo pour l’espionner : il est incapable d’imaginer qu’elle est là pour son propre compte. La seule exception, c’est Lenny Bruce, le premier ami de Midge dans le métier, qui la traite d’emblée comme une camarade et avec qui elle noue une relation complice, dénuée d’arrière-pensées amoureuses. Les autres la prennent de haut. Cela rend d’autant plus jouissive la scène du début de la saison 2 où, montant sur scène à la suite de comiques lourdement misogynes qui l’ont accablée de leur mépris, elle se venge en faisant hurler de rire la salle à leurs dépens.

Lorsque Susie essaie de lui trouver des engagements, tout le monde croit d’abord que Midge est chanteuse, tant il paraît inconcevable que l’on puisse être à la fois belle et drôle, ou simplement femme et drôle. « Les femmes comiques, c’est dur à vendre », grimace un homme du sérail, réticent. Sur scène, lors de la performance où elle pulvérise ses confrères, Midge s’attaque de front à ce préjugé : « Ils pensent qu’ils sont les seuls à pouvoir utiliser la comédie pour colmater ces trous dans leur âme. Ils disent que les femmes ne sont pas marrantes. Mais, écoutez-moi : la comédie est une réponse à l’oppression, à l’absence de pouvoir, à la tristesse et à la déception, à l’abandon et à l’humiliation. Franchement, à qui tout cela correspond-il, si ce n’est aux femmes ? D’après ces critères, seules les femmes devraient pouvoir être drôles ! »

Du danger de bousculer
un ordre symbolique

Seulement voilà : être drôle, c’est prendre la parole ; c’est prendre le pouvoir. C’est imposer son récit, son point de vue sur les choses. Et Midge se rend bientôt compte que, en bousculant cet ordre symbolique, elle a aussi compromis l’équilibre sur lequel reposait sa vie amoureuse. En trouvant une raison d’être en dehors du couple, elle est devenue une personne à part entière, mais il y a un prix à cette émancipation. Alors qu’elle et Joel s’étaient retrouvés et s’apprêtaient à annoncer leur réconciliation à leurs familles, il découvre son secret — puisque, à ce stade, elle n’a pas encore dit à ses proches qu’elle s’était lancée dans le stand-up. Il la voit sur scène et, dès lors, il devient impossible pour lui de reprendre la vie commune. Son amour-propre est trop malmené. Non seulement elle excelle dans le domaine où lui-même rêvait de réussir (« Elle est bonne », répète-t-il en sanglotant presque, sous le choc), mais il ne supporte pas l’idée qu’elle pourrait désormais s’inspirer de leur intimité pour ses sketches. « Je ne peux pas être une blague », lui dit-il, lui brisant ainsi le cœur une deuxième fois.

Au départ, déjà, le fait qu’il la quitte pour une femme spectaculairement stupide avait été une blessure supplémentaire : « Je ne suis pas naïve, je sais bien que les hommes préfèrent les femmes bêtes, soupirait-elle. Mais je croyais que Joel était différent. Je croyais qu’il voulait de la spontanéité, de l’esprit, qu’il aimait être aiguillonné. » Joel avait effectivement fini par mourir d’ennui avec sa maîtresse ; mais la découverte de la nouvelle carrière de sa femme l’éloigne à nouveau. Pour Midge, la victoire publique sur un ordre sexiste implique une défaite sur le plan privé.

Au cours des premiers épisodes, le cas Joel Maisel semblait plié : un connard infantile et capricieux, incapable de se rendre compte de sa chance. Mais, par la suite, le personnage connaît une évolution qui oblige à réviser ce jugement — les flash-back, aussi, permettent de le voir tel qu’il était au début de son histoire avec Midge, et de comprendre pourquoi elle est tombée amoureuse de lui. Leur mariage les avait tous les deux piégés dans des carcans, dans des rôles convenus, dans une vie qui ne leur convenait pas ; son échec les amène à se remettre en mouvement, à continuer leur chemin. Ce garçon n’était pas un connard par essence : c’est la structure du mariage qui est en cause, le poids de l’institution, plutôt que les individus. Cette leçon se vérifie même avec Abe et Rose, qui, au début de la saison 2, échappant à leur routine maritale new-yorkaise à l’occasion d’un long séjour à Paris [2], redeviennent deux amoureux — au point que Rose nourrit un temps l’espoir fou qu’ils pourraient ne jamais rentrer.

Un amour qui se recompose
au lieu de s’éteindre

Alors qu’il était jusqu’ici la simple marionnette de sa famille, Joel se met à chercher sa voie — avec quelques tâtonnements, lui aussi —, et finit par devenir sous nos yeux un homme tout à fait estimable. Le jeu qui existe désormais entre eux fait que la relation amoureuse avec Midge ne s’éteint pas : elle se recompose, se réinvente, plus libre et d’autant plus intense que chacun est davantage lui-même — lorsqu’ils refont l’amour, elle lui confie qu’autrefois, avant de coucher avec lui, elle s’arrangeait toujours pour dégrafer discrètement son soutien-gorge, histoire de lui éviter de s’escrimer sur le fermoir, et qu’elle poudrait les traces rouges disgracieuses laissées par les élastiques sur sa peau.

Ils ne vivront plus ensemble, mais, à la fin de la deuxième saison — moins dense que la première, mais tout aussi plaisante —, on devine qu’ils n’ont pas fini de s’aimer. On imagine une saison 3 où, dans le club ouvert par Joel, Midge pourrait donner toute la mesure de son talent, sans plus dépendre de tenanciers à l’esprit étroit, et où tous deux inventeraient l’adultère entre gens mariés. Que les femmes hétérosexuelles ne doivent pas se contraindre et s’amputer d’une partie d’elles-mêmes pour connaître l’amour, et que le sacrifice de l’amour ne soit pas le prix à payer pour la réalisation de soi : c’est le rêve déraisonnable que la haute tenue de The Marvelous Mrs. Maisel nous autorise à faire.


The Marvelous Mrs. Maisel, série créée en 2017 par Amy Sherman-Palladino, Amazon Video (hélas), deux saisons de huit et dix épisodes. La saison 3 est prévue pour décembre 2019.


[1Sur ce livre et son impact, cf. Stephanie Coontz, A Strange Stirring : “The Feminine Mystique” and American Women at the Dawn of the 1960s, Basic Books, New York, 2011.

[2Il y a tout lieu de craindre le pire quand une série américaine se délocalise à Paris. Ici, on a inévitablement droit à une bonne dose de pittoresque, avec bérets, baguettes et bals sur les quais de la Seine. Mais il me semble que cela ne rompt pas trop le charme de la série et que, en dehors d’un scandaleux anachronisme pâtissier (des Ispahan dans la vitrine d’une boulangerie, alors que Pierre Hermé a inventé ce gâteau en 1997 !), on échappe au pire (au moins, les figurants parlent réellement français).